Le problème de représentation de la cuisine mobile en France Le problème de représentation de la cuisine mobile en France
Pourquoi la FFFT existe : le problème de représentation de la cuisine mobile en France
Des milliers d’acteurs, zéro voix collective. C’est le paradoxe qui a présidé à la naissance de la Fédération Française des Food Trucks. Voici le constat que nous refusons d’accepter — et ce que nous faisons pour le changer.
Un secteur qui compte, mais qui ne se fait pas entendre
La cuisine mobile en France représente entre 2 000 et 3 500 acteurs actifs si l’on inclut l’ensemble des formats — camions, remorques, triporteurs, stands mobiles, baraques foraines. C’est un secteur qui emploie, qui innove, qui anime les territoires urbains comme ruraux, qui joue un rôle clé dans l’événementiel et le tourisme local.
Et pourtant, jusqu’à la création de la FFFT, ces professionnels n’avaient pas de voix nationale unifiée. Pas de structure dédiée pour les représenter auprès des mairies, des préfectures, des ministères. Pas d’interlocuteur pour porter leurs dossiers dans les instances où se décident les règles de leur quotidien.
La FFFT est née du rapprochement de deux associations emblématiques — Street Food En Mouvement, pionnière des food trucks en France depuis 2012 créée entre autre par Thierry Marx, et la Food Trucks Association de Marseille — pour rassembler et soutenir les acteurs d’un secteur encore atomisé et volatile.
Problème n°1 : des emplacements soumis à l’arbitraire local
La première bataille du food trucker, c’est l’emplacement. Et c’est souvent la plus épuisante.
Le permis de stationnement est une autorisation d’occupation temporaire sans emprise au sol délivrée par la mairie — ou par la préfecture si l’emplacement se situe sur une route nationale ou départementale. Ces autorisations sont personnelles, précaires et révocables à tout moment.
En pratique, cela signifie qu’un food trucker peut se voir retirer son autorisation sans préavis substantiel, pour des motifs qui varient d’une commune à l’autre. Les emplacements les plus intéressants sont souvent indisponibles ou interdits de stationnement. Et la règle du jeu change selon qu’on est à Lyon, à Bordeaux ou dans une commune de 15 000 habitants.
Le maire dispose de pouvoirs de police administrative générale qui lui permettent de garantir le bon ordre, la sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques — et donc de fixer des règles d’installation pour les food trucks. C’est légitime. Mais sans interlocuteur structuré en face, ces pouvoirs peuvent se transformer en obstacles arbitraires, sans recours efficace pour les professionnels concernés.
La FFFT porte ce dossier. Son objectif : obtenir une harmonisation des pratiques à l’échelle nationale, des procédures transparentes d’attribution des emplacements, et un droit de recours effectif pour les food truckers lésés.
Problème n°2 : les ZFE menacent l’accès aux centres-villes
Les Zones à Faibles Émissions mobilité (ZFE-m) se déploient progressivement dans les grandes agglomérations françaises. Dès le 1er juillet 2026, de nouvelles restrictions s’appliquent aux véhicules utilitaires légers dans les métropoles concernées — et 43 agglomérations de plus de 150 000 habitants devaient établir une ZFE.
Pour la cuisine mobile, l’impact est direct et massif. Un food truck, c’est souvent un véhicule de plus de 10 ans, aménagé avec soin, représentant un investissement de 30 000 à 80 000 euros. Le contraindre à la casse ou à une conversion électrique coûteuse sans accompagnement, c’est condamner des dizaines d’entreprises viables.
L’extension des Zones à Faibles Émissions pourrait restreindre l’accès des véhicules anciens aux centres-villes — une des évolutions réglementaires majeures qui s’annoncent pour 2026.
Sans représentation collective, chaque food trucker affronte ce problème seul. La FFFT, elle, le porte collectivement : en alertant les pouvoirs publics, en demandant des dérogations sectorielles, en accompagnant les membres dans la compréhension et l’anticipation de ces nouvelles contraintes.
Problème n°3 : les décisions fiscales se prennent sans vous
En 2025, un amendement au projet de loi de finances proposait de faire passer la TVA sur la restauration à emporter et livrée de 10 % à 20 %. Une mesure présentée comme une question de cohérence fiscale. Une mesure qui, dans les faits, aurait représenté un choc économique majeur pour l’ensemble de la restauration mobile.
La FFFT, aux côtés du GHR et des Traiteurs de France, a publié un communiqué commun pour s’y opposer. L’amendement a été rejeté.
Ce n’est pas un hasard. C’est le résultat direct d’une représentation organisée. Le GHR fédère aujourd’hui 15 000 établissements et 180 000 salariés — c’est la force de frappe institutionnelle à laquelle s’adosse la FFFT pour peser dans les arbitrages fiscaux et législatifs qui concernent les food truckers.
Ce que la FFFT a déjà obtenu
La FFFT est jeune. Mais elle a déjà des résultats concrets à faire valoir.
Sur le plan fiscal, la mobilisation contre la TVA à 20 % a abouti. C’est une victoire directe pour chaque food trucker dont les marges auraient été amputées.
Sur le plan institutionnel, la FFFT s’est affiliée au GHR — la deuxième organisation professionnelle représentative du secteur HCR — pour renforcer son poids dans les discussions avec les pouvoirs publics, tout en conservant son indépendance financière et sa gouvernance autonome.
Sur le plan statistique — une victoire historique, l’INSEE attribue au secteur de la cuisine mobile son propre code APE, qui sera en vigueur à partir du 1er janvier 2027. Ce code dédié signifie que pour la première fois, les food trucks et la cuisine mobile seront identifiés comme un secteur à part entière dans les statistiques nationales. Plus de confusion avec la restauration rapide générale. Une reconnaissance institutionnelle concrète, qui ouvre la voie à une meilleure représentation politique et économique.
Ce qui reste à faire — et pourquoi vous avez un rôle à jouer
La représentation n’est pas un état. C’est un effort permanent, à renouveler à chaque texte de loi, à chaque arrêté municipal, à chaque discussion budgétaire.
Les prochains dossiers portés par la FFFT :
L’accès équitable aux emplacements — des procédures transparentes et harmonisées à l’échelle nationale, pas des règles différentes dans chaque commune.
L’accompagnement ZFE — des dérogations sectorielles, des aides à la transition pour les professionnels dont le véhicule ne respecte pas encore les critères d’émission.
Le Baromètre National de la Cuisine Mobile — produire enfin la donnée de référence qui permettra de peser avec des chiffres crédibles dans toutes les négociations institutionnelles.
La convention collective spécifique — obtenir un cadre social adapté à la réalité du travail en cuisine mobile, différent de celui de la restauration rapide.
Chacun de ces dossiers avance à la vitesse du nombre. Une fédération avec 50 membres pèse peu. Une fédération avec 500, puis 1 000 membres change les règles du jeu.
« Rejoindre la fédération a transformé notre activité. On ne se sent plus seul. Et surtout, on sait que quelqu’un parle en notre nom. » — Sébastien, La Cocotte Mobile (94), adhérent FFFT
La FFFT ne sera jamais aussi forte que le nombre de ses membres. Chaque adhésion compte. Chaque voix renforce la nôtre.
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