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Le minimum légal pour ouvrir son food truck en 2026 : la checklist complète Le minimum légal pour ouvrir son food truck en 2026 : la checklist complète

Temps de lecture : 9 min

Aucune improvisation possible. Avant de servir votre premier client, neuf obligations légales doivent être satisfaites. Pas des recommandations — des obligations. Voici la liste exhaustive, claire et à jour pour 2026, établie par la FFFT.

Préambule : ce que « minimum légal » signifie vraiment

Il existe des dizaines de conseils sur « comment réussir son food truck ». Cet article n’en fait pas partie. Il recense uniquement ce que la loi exige. Ce qui est contrôlé. Ce qui peut entraîner une amende, une fermeture administrative, un refus d’emplacement ou l’impossibilité de circuler.

Considérez cette checklist comme votre socle incompressible avant ouverture.

Étape 0 — Créer votre entreprise

Avant toute chose, vous devez immatriculer votre entreprise. C’est la condition préalable à toutes les autres démarches. L’immatriculation s’effectue via le Guichet Unique des formalités des entreprises (guichetentreprises.fr). Elle vous permet d’obtenir votre numéro SIREN, votre SIRET, et votre code APE — qui sera bientôt le 5612Y (Activités de service de restauration mobile) dès 2027.

Le choix du statut juridique conditionne votre fiscalité, votre protection sociale et votre capacité à grandir.

Obligation 1 — La formation HACCP

C’est l’obligation que personne ne conteste, et pourtant celle que certains découvrent tardivement.

Une formation aux règles d’hygiène alimentaire est obligatoire pour un food truck. Une personne dans l’entreprise doit la suivre au minimum, auprès d’un organisme agréé par le ministère de l’Agriculture. Le prix de la formation varie de 200 à 500 € et la durée est de 14 heures minimum. La formation est délivrée sans durée de validité.

Il existe une dispense : si vous justifiez de 3 ans d’activité dans le secteur alimentaire en tant que gestionnaire ou exploitant, vous pouvez vous dispenser de cette formation ou si vous avez un diplôme en cuisine.

La formation HACCP vous apprend à identifier les dangers alimentaires, à maîtriser les points critiques de votre activité (chaîne du froid, cuisson, stockage, nettoyage) et à constituer votre Plan de Maîtrise Sanitaire (PMS) — un document qui doit être disponible à chaque contrôle.

Obligation 2 — La déclaration à la DDPP

Pour toute activité manipulant des denrées alimentaires d’origine animale destinées à des consommateurs finaux, le professionnel doit faire une déclaration. Elle doit être effectuée avant l’ouverture de l’établissement, et adressée à la Direction Départementale en charge de la Protection des Populations (DDPP). Cette déclaration permet au service Hygiène et sécurité alimentaire de la DDPP de programmer les visites de contrôle sanitaire.

Concrètement : si votre menu comprend de la viande, du poisson, des œufs, des produits laitiers ou tout ingrédient d’origine animale — vous êtes concerné. Cette déclaration est aussi obligatoire à chaque changement d’exploitant, d’adresse ou d’activité.

Le formulaire est le Cerfa n°13984-06, disponible sur mesdemarches.agriculture.gouv.fr. Suite à cette déclaration, la DDPP organisera une première visite de contrôle sanitaire juste après l’ouverture. Les visites suivantes surviendront de façon régulière et pourront être effectuées à l’improviste.

Le récépissé de déclaration vous sera demandé par vos interlocuteurs (mairie, agents de la DDPP…)

Obligation 3 — L’homologation VASP du véhicule

Le camion ou la remorque food-truck doit recevoir l’homologation VASP (Véhicule Automoteur Spécialement Aménagé) avec la mention « Magasin ». Sans cela, le conducteur n’obtiendra pas l’autorisation de rouler lors du contrôle technique. Cette homologation garantit que le camion ou la remorque respecte les normes de sécurité correspondant à l’activité professionnelle. Le restaurateur doit demander cette homologation VASP auprès de la DREAL de sa région.

L’homologation VASP garantit la sécurité des consommateurs, le respect des normes sanitaires pour la vente de denrées alimentaires, et permet l’immatriculation du véhicule. Elle vérifie notamment la conformité des installations au gaz (norme NF EN 1949) et à l’électricité (norme NF C 15-100).

La carte grise du food truck doit mentionner VASP dans la catégorie J1. Depuis mai 2018, les camions aménagés en restaurant sans la bonne carte grise ne passent plus le contrôle technique. Votre assureur pourrait ne pas vous rembourser en cas de sinistre si vous n’avez pas l’homologation.

Obligation 4 — La carte de commerçant ambulant

Le titulaire du food truck doit obtenir une carte de commerçant ambulant, même si l’activité n’est que saisonnière. Cette obligation s’impose quel que soit votre statut et votre domiciliation professionnelle, sauf si vous n’exercez que dans votre commune.

Elle est valable 4 ans et coûte environ 30 €. Pour exercer votre activité en dehors de la commune de domiciliation de votre entreprise, vous devez obtenir cette carte. La demande s’effectue auprès de votre Centre de Formalités des Entreprises : la CMA si vous préparez des plats à base de produits frais, la CCI si vous faites de l’achat-revente de produits non transformés.

Le formulaire est le Cerfa n°14022. Cette carte est également exigée pour toute demande d’autorisation d’occupation temporaire du domaine public.

Obligation 5 — Les assurances professionnelles

Comme tous les véhicules motorisés, le propriétaire a l’obligation légale d’assurer le camion contre les vols et les accidents. Il est important de préciser à l’assureur qu’il s’agit d’un outil de travail.

Au-delà de l’assurance véhicule, l’assurance multirisque professionnelle incluant une responsabilité civile professionnelle est nécessaire pour obtenir une carte de commerçant ambulant, qui est elle-même indispensable pour exercer. Elle est aussi exigée lors de la demande d’autorisation d’occupation temporaire.

En clair : sans RC Pro, aucune mairie ne vous accordera d’emplacement. C’est un prérequis administratif autant qu’une protection réelle. Un décès pour intoxication alimentaire pourrait vous coûter 5 à 7 millions d’euros.

Obligation 6 — L’autorisation d’occupation temporaire (AOT)

Pour stationner sur le domaine public — trottoir, place, parking municipal, bord de route — vous devez obtenir une autorisation spécifique pour chaque emplacement. Le permis de stationnement est une autorisation d’occupation temporaire sans emprise au sol délivrée par la mairie ou par la préfecture si l’emplacement se situe sur une route nationale, départementale ou sur une artère principale. Il est soumis au paiement d’une redevance.

Toute vente de nourriture ou street food dans la rue sans autorisation est passible d’une amende de 1 500 €. Ces autorisations sont personnelles, précaires et révocables : elles ne peuvent être ni cédées ni sous-louées. Le tarif d’occupation du domaine public est voté en conseil municipal.

Obligation 7 — Permis d’exploitation et licences alcool (si applicable)

Si votre concept inclut de la bière, du vin ou du cidre à la vente, deux choses s’imposent.

D’abord, la licence : pour une vente de 8h à 22h, une petite licence de vente à emporter suffit. Une déclaration préalable à la mairie s’impose, dans les 15 jours avant l’ouverture au plus tard.

Ensuite, le permis d’exploitation : si vous souhaitez vendre des boissons alcoolisées, le permis d’exploitation est obligatoire. Il s’obtient après une formation de 20h en centre agréé. Pour la vente nocturne après 22h, un PVBAN (Permis de Vente de Boissons Alcooliques la Nuit) est requis en sus.

À noter : la réglementation food truck interdit la vente d’alcool au-delà de 18 degrés. Vous ne pourrez donc pas vendre du rhum, de la vodka, etc.

Obligation 8 — L’affichage obligatoire

Vous devez afficher certaines informations dans votre food truck : le nom de votre entreprise et son numéro SIRET. Au-delà, plusieurs obligations d’affichage s’imposent :

L’origine des viandes. Dès lors que le food truck vend un produit alimentaire d’origine animale, il doit clairement indiquer l’origine de la viande, soit sur le menu soit sur l’étiquette. Les entrepreneurs ne respectant pas cette obligation s’exposent à une amende de 450 €, 2 250 € pour une personne morale.

Les allergènes. L’entrepreneur doit clairement afficher tous les ingrédients allergènes ou pouvant provoquer des intolérances, soit directement sur l’étiquette de ses produits préemballés, soit sur un écriteau à proximité des produits non emballés, soit directement sur le menu.

Les prix doivent être affichés de manière visible, TVA incluse.

Obligation 9 — Le permis de conduire adapté au PTAC

Vous devez détenir un permis de conduire adapté au poids total autorisé en charge (PTAC) du véhicule, tel qu’indiqué sur la carte grise.

Le tableau simplifié :

Véhicule PTAC Permis requis
Camion ou fourgon ≤ 3,5 t B
Camion lourd > 3,5 t C ou C1
+ Remorque ≤ 750 kg PTAC B suffit
+ Remorque > 750 kg PTAC Ensemble ≤ 4,25 t BE
+ Remorque > 750 kg PTAC Ensemble > 4,25 t C1E ou CE

La checklist en un coup d’œil

# Obligation Qui ? Quand ?
1 Formation HACCP (14h) Au moins 1 personne Avant ouverture
2 Déclaration DDPP (Cerfa 13984-06) Si produits d’origine animale Avant ouverture
3 Homologation VASP « Magasin » (DREAL) Tout food truck Avant circulation
4 Carte de commerçant ambulant (Cerfa 14022 — CMA/CCI) Tout opérateur Avant exercice
5 Assurance véhicule + RC Pro Tout opérateur Avant exercice
6 AOT — Permis de stationnement Pour chaque emplacement public Avant installation
7 Petite licence à emporter + Permis d’exploitation Si vente d’alcool Avant vente
8 Affichage : SIRET, origines viandes, allergènes, prix Tout opérateur Dès l’ouverture
9 Permis de conduire adapté au PTAC Le conducteur Avant circulation

Ce que la FFFT peut faire pour vous

La réglementation évolue. Les contrôles se renforcent. La création d’un food truck suit un ordre chronologique précis pour optimiser les délais et éviter les blocages administratifs. Se faire accompagner dès le départ vous épargne des semaines de retard et des erreurs coûteuses.

En adhérant à la FFFT, vous accédez à :

  • La veille réglementaire continue (chaque évolution qui vous concerne)
  • Des partenaires spécialisés (expert-comptable, assureur, formateur HACCP)
  • Un réseau de professionnels qui ont traversé ces mêmes étapes
  • L’accès aux ressources pratiques de l’espace membres

Cet article est fourni à titre informatif et ne se substitue pas à un conseil juridique personnalisé. La réglementation peut évoluer. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel ou contactez directement la DDPP ou la DREAL de votre département.

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